12 000 ANS D'HISTOIRE
L'histoire humaine de Wadi Rum : gravures, commerce et Lawrence
Douze mille ans de gravures rupestres, une ancienne route commerciale, une tribu bédouine et une légende de guerre — la riche histoire humaine derrière les roches rouges du Wadi Rum.
Voir les dates des excursions au Wadi Rum sur GetYourGuide ↗25 000 sculptures et la naissance de l’alphabet
L'inscription de Wadi Rum au patrimoine de l'UNESCO repose autant sur ce qui est gravé dans la roche que sur les paysages. La zone protégée abrite environ 25 000 pétroglyphes et 20 000 inscriptions, laissées sur près de 12 000 ans par les chasseurs, éleveurs et marchands qui y sont passés — chameaux, bouquetins, scènes de chasse, figures humaines et, dans les couches plus récentes, des textes. Certaines inscriptions sont rédigées dans des écritures nord-arabiques anciennes que les chercheurs considèrent comme des preuves essentielles du développement de l'écriture alphabétique, antérieures aux alphabets utilisés aujourd'hui dans toute la région et ayant contribué à leur genèse. L'essentiel de ce que révèle un circuit en jeep se concentre au canyon de Khazali, mais des gravures apparaissent dans toute la zone protégée pour qui prend le temps de les chercher.
Une étape sur les routes de l'encens et du commerce
Bien avant le tourisme, Wadi Rum se trouvait sur les routes empruntées par les marchands qui transportaient encens, épices et marchandises entre l'Arabie et la Méditerranée, et les Nabatéens — la même civilisation à l'origine de Petra, à quelques heures de là — ont également laissé leur empreinte ici, notamment les vestiges d'un petit temple près du village de Rum. Les gravures et inscriptions laissées par ces voyageurs n'étaient pas des monuments officiels ; c'étaient des graffitis, des prières, des récits de voyage et, dans certains cas, de simples vantardises, gravés dans la roche par des gens de passage plutôt que par des habitants permanents de la vallée. C'est en partie ce qui rend ce site unique : moins qu'un ancien établissement unique, c'est un long registre de tous ceux qui ont traversé cette portion particulière du désert au fil des millénaires.
La Zalabia — la tribu bédouine du Wadi Rum
Les habitants du village de Rum aujourd'hui, qui gèrent presque tous les 4x4, les randonnées à dos de chameau et les camps du désert, appartiennent à la tribu des Zalabia — une communauté soudée où la plupart des résidents sont apparentés. Traditionnellement éleveurs semi-nomades, de nombreuses familles zalabia se sont installées de façon plus permanente autour du village ces dernières décennies, le tourisme étant devenu un pilier de l'économie locale, via une coopérative touristique qui répartit les missions de 4x4 et de guidage entre tous plutôt que de laisser une entreprise extérieure tout contrôler. Rouler avec un chauffeur zalabia est autant une rencontre culturelle qu'un voyage pittoresque — attendez-vous à une pause thé, à quelques histoires de famille si vous posez la question, et à une connaissance du désert forgée par une enfance passée à le sillonner, bien loin d'un simple itinéraire appris par cœur.
T. E. Lawrence et la Révolte arabe
L’autre chapitre célèbre du Wadi Rum est la Révolte arabe de 1916-1918, lorsque les forces arabes, soutenues par les Britanniques, luttèrent pour chasser la domination ottomane de la région pendant la Première Guerre mondiale. T. E. Lawrence — officier britannique plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie — œuvra aux côtés des chefs de la révolte et traversa le Wadi Rum durant la campagne, avant de relater le désert dans ses mémoires, Les Sept Piliers de la sagesse. Cet ouvrage, et le film de 1962 qu’il inspira, expliquent en grande partie pourquoi tant de sites de la vallée portent aujourd’hui son nom. Les historiens soulignent que les preuves directes reliant Lawrence à des lieux précis — une source particulière, un rocher particulier — sont plus ténues que ne le laisse entendre le circuit touristique ; ce qui est solidement documenté, c’est la révolte elle-même et le rôle que Lawrence y joua.
Pourquoi le rocher des « Sept Piliers de la Sagesse » porte son nom
En approchant du village de Rum, on passe devant une imposante formation rocheuse désormais signalée sous le nom des Sept Piliers de la Sagesse, baptisée d'après les mémoires de Lawrence — et non l'inverse : le titre du livre provient en réalité d'un verset du Livre des Proverbes. Localement, cette même formation est connue depuis longtemps sous son nom arabe, Jebel al-Mazmar. Que Lawrence lui-même ait jamais distingué précisément ce rocher reste sujet à débat ; une grande partie de la toponymie « Lawrence » autour de Wadi Rum date de décennies plus tardives, lorsque les opérateurs touristiques ont compris à quel point les visiteurs cherchaient un lien tangible avec l'histoire. Rien de tout cela n'altère la beauté saisissante de la formation — il est simplement bon de savoir que ce nom relève de l'hommage plutôt que d'un fait historique documenté.
Vous hésitez encore sur la durée de votre excursion, ou vous vous demandez si une nuit sous tente en vaut la peine ?
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